Lingolsheim
France Trois saisons ne
restera pas dans les annales. Mais j'y ai
retrouvé le viet-nam que j'aime et j'ai gouté
la musicalité de la langue. n ressortant du
cinéma j'étais tout surpris de me retrouver
à strasbourg, alors que je croyais retrouver Hanoi et
ses rues bruyantes et pleines de vie Lamorlaye - France
- Ce film est
esthétiquement magnifique. C'est une ballade
douce et sensible dans le Vietnam d'aujourd'hui, dont la
poésie tranche avec la dureté d'un autre
excellent film tourné dans ce pays, "Cyclo".
Cependant, on peut
rester sur sa faim, car le réalisateur se contente
d'effleurer le destin de ses personnages. La jeune vendeuse
de fleur de lotus va-t-elle retourner dans son village
après la mort de Maître Dao, la jeune femme
prostituée va-t-elle garder son rêve de partir
loin ou va-t-elle rester avec le cyclopousse, que vont
devenir le petit marchand ambulant et sa toute jeune amie,
l'ex-GI va-t-il amener sa fille aux USA etc. Je suis ressorti de la
salle complètement sous le charme de ce pays et de
ses habitants (il faut dire que j'étais concquis par
avance), mais avec un certain goût
d'inachevé... J'attends maintenant
avec impatience "L'immeuble" de Viet Linh, premier film
authentiquement vietnamien à sortir en France, et le
prochain film de Tran Anh Hung, "A la verticale de
l'été". Paris -
France Trois saisons se
serait très bien passé, il me semble, de
l'histoire de l'américain qui, 30 ans après,
etc. Cette évocation n'apporte rien hormis un nom
connu au générique. Merci quand même
à Harvey Keitel d'avoir aidé à produire
le film (lit-il Passions Viêt Nam ?). Tony Bui nous
donne un film un peu prévisible : ici la
ruralité, la tradition, le chant, la poésie
(quelque chose du nord), là l'aspiration au confort,
le-progrès-qui-fabrique-des-exclus, les xich lô
qui stationnent sous les panneaux publicitaires Coca-Cola et
les prostituées sortant des hôtels
internationaux (un peu de Saigon, même si Hanoï
fait de son mieux pour lui emboîter le pas). C'est
aussi un peu "épinalesque" (mot de mon invention) que
de montrer une jeune femme en Ao Ai blanc souriant sous une
pluie de pétales de flamboyants (même si je me
suis laissé faire, comment lutter ?). Trois Saisons
est tout de même beau et tendre, j'irai sans doute le
revoir. Le Viêt Nam est trop rare sur nos
écrans. ! Un dernier petit
reproche : je n'ai pas retrouvé dans les
scènes de rue de Trois Saisons le feulement des Honda
« Dream » qui me va droit au cur (en passant le
plus souvent par mes oreilles). Kremlin Bicêtre
- France Ce film a vraiment
merité "le prix de la photo" pour le festival de
Sundance. C'est un
réalisateur promettant et j'adore sa facon de filmer,
surtout pour les scènes sur "l'étang de
lotus". La seule chose
regretable dans ce film est la transition entre les
scènes, entre les histoire, c'est trop brusque dont
on perd facilement le fil de conducteur ! Et, il aurait du
traiter avec plus de caractère l'histoire du
père GI revient au VN chercher sa
fille. Lyon - France
Quel talent ! Quelle
sensibilité ! On entre dans le film
de Tony BUI comme dans un rêve, ou plutôt dans
l'univers intangible des souvenirs lointains,
entremêlés de désirs et d'aspirations
profondes, qu'on croyait définitivement
effacés, ensevelis au fond de l'âme. BUI DUC
Hào (San José -
Californie - USA) Personnellement , je
pense que c' est un film excellent , réalisé
par un prometteur jeune cinéaste
américano-vietnamien . La seule
réticence que j' ai par rapport à ce film est
qu' il affiche quand même certains
stéréotypes, certains clichés
américains . Par exemple ,en ne
reconnaissant les femmes vietnamiennes que dans leur
dimension sexuelle ,et bien sur sous les traits de
prostituée . Il y a beaucoup trop
de films américains dans lesquels les femmes
vietnamiennes et asiatiques en général sont
carctérisées de la sorte. Cela me chagrine .
Mais ce film est
esthétiquement magnifique et merveilleusement
tourné !!!
Quelque chose de profondément vietnamien est rendu
vivace et fascinant dans cette belle uvre, d'une rare
pureté qui vous réconforte tout en vous
invitant à aller plus loin
Comme si toutes les
blessures d'hier étaient cicatrisées, laissant
le cur enfin libre dans son dialogue à la fois
avec le passé et l'avenir.
D'emblée, l'image s'ouvre sur des milliers et des
milliers de fleurs . Des lotus blancs, symbole de la
virginité de l'âme, tant exaltés dans
les chants populaires depuis des millénaires . Des
images et des sons si familiers, comme on les a
déjà rencontrés quelque part, sur des
chemins du pays ou peut-être à travers le
célèbre poème " Muà Xuân
chi'n " ( Le printemps mûri ) de HAN MAC TU...
Et puis la chanson " Dô' ai "(Qui sait), version
populaire. Cette dimension romantique qui traverse des
siècles et des siècles de création
littéraire et qui caractérise l'âme
vietnamiennne, comme celle du Maître Dào qu'on
découvre un peu plus loin dans le film . Le
personnage, quelque peu mystérieux au début
dans un but cinématographique, semble être
l'aboutissement naturel de la trame des
éléments tels qu'évoqués.
De même que la beauté sublime du lotus
émerge des eaux boueuses, le poète Dào
représente à merveille la dualité
souffrance et invincibilité de l'être dans sa
lutte contre le destin.
A partir de milieux comparables et dans un contexte
quasiment identique à celui de " Cyclo " de TRAN ANH
HUNG , Tony BUI a choisi la douceur contre la violence,
l'illustration de la transcendance au lieu de la
décadence.
L'histoire de la jeune femme Lan et son amour avec le
cyclo-pousse ne peuvent vous empêcher de penser
à certaines nouvelles de Tu Luc Van Doan ( Groupe
Littéraire Indépendant) des années
1930. Et l'on a presque envie de chantonner " Doi goi em
biet bao lân " de Trinh Cong Son en regardant le film.
C'est dire combien le choix du réalisateur semble
avoir été guidé par une sorte de
communion, de parfaite harmonie avec l'imaginaire
vietnamien.
On ne saurait aborder de manière exhaustive tous les
aspects du film, en termes de réussite technique et
artistique( dont notamment le superbe jeu des acteurs,
déjà connus ou encore débutants dans le
7è art), qui auraient mérité
d'être soulignés. De même que des
éventuelles critiques sur des points faibles dont ne
peut être exempt aucun film, en
général.
Nous avons aimé ce film - beau, profond et
authentique &endash; que nous considérerions
volontiers comme une des uvres les plus significatives
et rayonnantes de la démarche conceptuelle de
l'esthétique vietnamienne de ces dernières
années .
La question que se posent la plupart des spectateurs
s'adresse plutôt au cinéaste lui-même :
comment, n'ayant pratiquement pas vécu dans le pays,
un Vietnamien d'outre-mer de 26 ans a-t-il pu ressentir et
exprimer de façon si saisissante un des
mystères de l'univers intime de son peuple ? Une
remarquable réussite de transmission de
culture.