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Jean Marc Lenoble

Lingolsheim France

Trois saisons ne restera pas dans les annales.

Mais j'y ai retrouvé le viet-nam que j'aime et j'ai gouté la musicalité de la langue.

n ressortant du cinéma j'étais tout surpris de me retrouver à strasbourg, alors que je croyais retrouver Hanoi et ses rues bruyantes et pleines de vie

Christophe Chassagnol

Lamorlaye - France -

Ce film est esthétiquement magnifique.

C'est une ballade douce et sensible dans le Vietnam d'aujourd'hui, dont la poésie tranche avec la dureté d'un autre excellent film tourné dans ce pays, "Cyclo".

Cependant, on peut rester sur sa faim, car le réalisateur se contente d'effleurer le destin de ses personnages. La jeune vendeuse de fleur de lotus va-t-elle retourner dans son village après la mort de Maître Dao, la jeune femme prostituée va-t-elle garder son rêve de partir loin ou va-t-elle rester avec le cyclopousse, que vont devenir le petit marchand ambulant et sa toute jeune amie, l'ex-GI va-t-il amener sa fille aux USA etc.

Je suis ressorti de la salle complètement sous le charme de ce pays et de ses habitants (il faut dire que j'étais concquis par avance), mais avec un certain goût d'inachevé...

J'attends maintenant avec impatience "L'immeuble" de Viet Linh, premier film authentiquement vietnamien à sortir en France, et le prochain film de Tran Anh Hung, "A la verticale de l'été".

Laurent PERRON

Paris - France

Trois saisons se serait très bien passé, il me semble, de l'histoire de l'américain qui, 30 ans après, etc. Cette évocation n'apporte rien hormis un nom connu au générique. Merci quand même à Harvey Keitel d'avoir aidé à produire le film (lit-il Passions Viêt Nam ?). Tony Bui nous donne un film un peu prévisible : ici la ruralité, la tradition, le chant, la poésie (quelque chose du nord), là l'aspiration au confort, le-progrès-qui-fabrique-des-exclus, les xich lô qui stationnent sous les panneaux publicitaires Coca-Cola et les prostituées sortant des hôtels internationaux (un peu de Saigon, même si Hanoï fait de son mieux pour lui emboîter le pas). C'est aussi un peu "épinalesque" (mot de mon invention) que de montrer une jeune femme en Ao Ai blanc souriant sous une pluie de pétales de flamboyants (même si je me suis laissé faire, comment lutter ?). Trois Saisons est tout de même beau et tendre, j'irai sans doute le revoir. Le Viêt Nam est trop rare sur nos écrans. !

Un dernier petit reproche : je n'ai pas retrouvé dans les scènes de rue de Trois Saisons le feulement des Honda « Dream » qui me va droit au cur (en passant le plus souvent par mes oreilles).

HO DAC ANH THI

Kremlin Bicêtre - France

Ce film a vraiment merité "le prix de la photo" pour le festival de Sundance.

C'est un réalisateur promettant et j'adore sa facon de filmer, surtout pour les scènes sur "l'étang de lotus".

La seule chose regretable dans ce film est la transition entre les scènes, entre les histoire, c'est trop brusque dont on perd facilement le fil de conducteur ! Et, il aurait du traiter avec plus de caractère l'histoire du père GI revient au VN chercher sa fille.

Sinon, bravo et encore bravo Tony Bui !
BUI DUC Hào

Lyon - France

Quel talent ! Quelle sensibilité !

On entre dans le film de Tony BUI comme dans un rêve, ou plutôt dans l'univers intangible des souvenirs lointains, entremêlés de désirs et d'aspirations profondes, qu'on croyait définitivement effacés, ensevelis au fond de l'âme.
Quelque chose de profondément vietnamien est rendu vivace et fascinant dans cette belle œuvre, d'une rare pureté qui vous réconforte tout en vous invitant à aller plus loin… Comme si toutes les blessures d'hier étaient cicatrisées, laissant le cœur enfin libre dans son dialogue à la fois avec le passé et l'avenir.
D'emblée, l'image s'ouvre sur des milliers et des milliers de fleurs . Des lotus blancs, symbole de la virginité de l'âme, tant exaltés dans les chants populaires depuis des millénaires . Des images et des sons si familiers, comme on les a déjà rencontrés quelque part, sur des chemins du pays ou peut-être à travers le célèbre poème " Muà Xuân chi'n " ( Le printemps mûri ) de HAN MAC TU...
Et puis la chanson " Dô' ai "(Qui sait), version populaire. Cette dimension romantique qui traverse des siècles et des siècles de création littéraire et qui caractérise l'âme vietnamiennne, comme celle du Maître Dào qu'on découvre un peu plus loin dans le film . Le personnage, quelque peu mystérieux au début dans un but cinématographique, semble être l'aboutissement naturel de la trame des éléments tels qu'évoqués.
De même que la beauté sublime du lotus émerge des eaux boueuses, le poète Dào représente à merveille la dualité souffrance et invincibilité de l'être dans sa lutte contre le destin.
A partir de milieux comparables et dans un contexte quasiment identique à celui de " Cyclo " de TRAN ANH HUNG , Tony BUI a choisi la douceur contre la violence, l'illustration de la transcendance au lieu de la décadence.
L'histoire de la jeune femme Lan et son amour avec le cyclo-pousse ne peuvent vous empêcher de penser à certaines nouvelles de Tu Luc Van Doan ( Groupe Littéraire Indépendant) des années 1930. Et l'on a presque envie de chantonner " Doi goi em biet bao lân " de Trinh Cong Son en regardant le film. C'est dire combien le choix du réalisateur semble avoir été guidé par une sorte de communion, de parfaite harmonie avec l'imaginaire vietnamien.
On ne saurait aborder de manière exhaustive tous les aspects du film, en termes de réussite technique et artistique( dont notamment le superbe jeu des acteurs, déjà connus ou encore débutants dans le 7è art), qui auraient mérité d'être soulignés. De même que des éventuelles critiques sur des points faibles dont ne peut être exempt aucun film, en général.
Nous avons aimé ce film - beau, profond et authentique &endash; que nous considérerions volontiers comme une des œuvres les plus significatives et rayonnantes de la démarche conceptuelle de l'esthétique vietnamienne de ces dernières années .
La question que se posent la plupart des spectateurs s'adresse plutôt au cinéaste lui-même : comment, n'ayant pratiquement pas vécu dans le pays, un Vietnamien d'outre-mer de 26 ans a-t-il pu ressentir et exprimer de façon si saisissante un des mystères de l'univers intime de son peuple ? Une remarquable réussite de transmission de culture.

BUI DUC Hào

Long Van Nguyen

(San José - Californie - USA)

Personnellement , je pense que c' est un film excellent , réalisé par un prometteur jeune cinéaste américano-vietnamien .

La seule réticence que j' ai par rapport à ce film est qu' il affiche quand même certains stéréotypes, certains clichés américains .

Par exemple ,en ne reconnaissant les femmes vietnamiennes que dans leur dimension sexuelle ,et bien sur sous les traits de prostituée .

Il y a beaucoup trop de films américains dans lesquels les femmes vietnamiennes et asiatiques en général sont carctérisées de la sorte. Cela me chagrine .

Mais ce film est esthétiquement magnifique et merveilleusement tourné !!!