Devant les dépêches parfois contradictoires qui nous parviennent à propos des évènements des hauts plateaux du Centre Viêt Nam, nous choisissons de donner tous les points de vue que nous avons pu trouver. A noter qu'il manque à cette liste un grand article du quotidien "le Figaro" du 9 février

mercredi 7 février 2001, 10h00 (AFP)
Des milliers de membres des minorités des hauts-plateaux veulent leurs terres

SUR LA SITUATION A GIA LAI
Hanoi 8 février (Agence Vietnamienne d'Information)-

A PROPOS DES TROUBLES A GIA LAI ET A DAC LAC
Hanoi 8 février (Agence Vietnamienne d'Information) -

jeudi 8 février 2001, 13h53 (AFP)
Le Vietnam déploie des troupes et interdit l'accès des Hauts-Plateaux

vendredi 9 février 2001, 11h06 (AFP)
La presse romp le silence sur les manifestations dans les Hauts-Plateaux

Libération jeudi 8 février 2001
La colère des minorités au Viêt-nam
Les ethnies jarai, ede et ba-na réclament la restitution de leurs terres.
Par NATALIE LEVISALLES
Cliquez

Le Monde 09.02.01
Vietnam  : l'armée intervient contre les manifestants des hauts plateaux
Cliquez

Nhân Dân 9 feb 2001
Security returns to normal in Central Highlands

dimanche 11 février 2001, 11h42 (AFP)
L'ampleur des manifestations des minorités illustre leur ressentiment

dimanche 11 février 2001, 14h00 (AFP)
L'agitation sur les Hauts-Plateaux hypothèque un accord avec les Etats-Unis

mercredi 7 février 2001, 10h00

Des milliers de membres des minorités des hauts-plateaux veulent leurs terres

HANOI, 7 fév (AFP) - Des milliers de manifestants membres des minorités ethniques des hauts-plateaux du centre du Vietnam ont réclamé au cours des deniers jours la restitution de leurs terres ancestrales, et les autorités ont procédé à de nombreuses interpellations, ont indiqué mercredi des résidents de la région.

Des milliers de protestataires ont parcouru depuis vendredi les routes de la région pour se rendre dans les principales villes des provinces de Gia Lai et de Dac Lac afin de réclamer la restitution de leurs terres.

Ils estiment qu'elles ont été confisquées par les membres de l'ethnie vietnamienne majoritaire dans le pays (kinh, ou viet) ont précisé à l'AFP des résidants de la région joints par téléphone.

"Des files ininterrompues de membres des communautés ethniques ont défilé à partir de vendredi et pendant le week-end le long des routes menant à Pleiku, la capitale de la province de Gia Lai", a précisé un homme d'affaires européen.

"Ce défilé se déroulait dans un calme impressionnant", et certains de ses employés avaient demandé à prendre des jours de congés pour se joindre aux manifestations, a ajouté et entrepreneur.

"Ils entendaient protester contre la confiscation de leur terres qui ont été attribuées aux planteurs de café", a-t-il dit.

A la suite de ces manifestations, les autorités ont procédé à de nombreuses interpellations dans la région, où des plantations de café ont été installées depuis plusieurs années sur les terres des communautés ethniques minoritaires, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Plusieurs milliers de protestataires ont ainsi manifesté pendant 4 jours dans la ville de Pleiku, capitale de la province de Gia Lai, et plus de 2000 autres personnes se sont rendues mardi à Buon Me Thuot, capitale de la province de Dac Lac.

A Pleiku, "plusieurs policiers ont été blessés alors que les manifestants cherchaient à s'approcher des bureaux du gouvernement et de nombreuses personnes ont été arrêtées", a indiqué un marchand de tissus de la ville.

Des manifestations ont encore eu lieu pendant le week-end dans des districts ruraux de la province de Gia Lai.

"La plus importante a eu lieu à Chu Prong, où vivent des membres des communautés Jarai et Ba-Na" a précisé le propriétaire d'une bijouterie.

"Des policiers en civil et en uniforme étaient présents en force pour surveiller les manifestants et plusiuers protestataires ont été interpellés et retenus plusieurs heures avant d'être libérés", a-t-il ajouté.

Les résidents ont précisé que les manifestants appartenaient à différentes ethnies, dont les plus importantes de la région, les Jarai, Ede et Ba-Na, qui comptent au total plus de 600.000 membres.

Le Vietnam compte au total 54 ethnies, dont la principale, celle des Kinh, ou Viet, représente 87% des 77 millions d'habitants du pays.

Le Vietnam est devenu en quelques années le deuxième exportateur mondial de café après avoir créé de nombreuses plantations dans la région. De nombreux "colons" venus des plaines côtières se sont installés dans les hauts-plateaux, modifiant l'équilibre ethnique déjà mis à mal dans les années 1980 par les autorités communistes.

La police empêchait mercredi les membres des communautés des minorités ethniques de quitter leurs zones de résidance, mais les manifestations se poursuivaient dans les campagnes, selon ces sources.

Des manifestations avaient notamment lieu dans le parc national de Yok Don, qui abrite les derniers éléphants sauvages du Vietnam et est fréquenté par de nombreux touristes étrangers. Ce parc a été fermé depuis le début de la semaine "pour une durée indéterminée", ont indiqué ses responsables.

La région des hauts plateaux est historiquement au Vietnam une zone de rebellion larvée ou ouverte, avec pendant longtemps l'existence du FULRO, un mouvement ethnique aujourd'hui dissous et dirigé autrefois contre les autorités, d'abord coloniales, puis saigonaises et enfin communistes.

retour haut de page

SUR LA SITUATION A GIA LAI

   Hanoi 8 février (AVI)- Répondant aux questions des correspondants étrangers sur la sécurité politique dans la province de Gia Lai (hauts- plateaux du centre), des arrestations qui y ont eu lieu et des mesures prises, la porte-parole du Ministère des AE a précisé:

   "Le 29 janvier, un certain nombre d'habitants, faute d'informations et excités après avoir été mis au courant de l'arrestation de deux personnes vivant dans la localité, se sont rassemblés devant le siège du comité du PCV de la province de Gia Lai et ont demandé à interroger les responsables provinciaux sur cette question. Ces deux personnes avaient commis des infractions à la loi vietnamienne et avaient été donc arrêtées conformément aux règlements s'y raportant".

   "Une fois arrêtées, ces deux personnes ont reconnu leur faute et demandé la clémence. Après avoir examiné leur attitude, les services juridiques de la province les ont relâchées et autorisées à retourner chez elles. Ces deux personnes ont donné à la foule des explications sur leurs actes erronés. Les gens massés devant le siège du comité provincial du PCV se sont ensuite dispersés", a-telle ajouté.-AVI
retour haut de page

A PROPOS DES TROUBLES A GIA LAI ET A DAC LAC

   Hanoi 8 février (AVI) - Selon les correspondants permanents de l'Agence vietnamienne d'information (AVI) à Gia Lai et à Dac Lac (Hauts-Plateaux du Centre), la situation y est revenue à la normale après des troubles à Pleiku, à Buon Ma Thuot et dans d'autres localités de ces deux provinces.

   Le 2 février, après avoir reçu de mauvaises informations sur l'arrestation, le 29 janvier, de deux membres des minorités ethniques pour infractions à la loi, plusieurs personnes venues des localités se sont rassemblées devant les sièges du Comité du PCV et du Comité populaire de la province à Pleiku pour demander de libérer les personnes arrêtées et de résoudre des problèmes pressants relatifs à leurs terres,

   Le Comité du PCV et le Comité populaire de la province de Gia Lai ont envoyé des responsables expliquer aux protestataires que les personnes en question ont été arrêtées parce qu'elles avaient violé la loi et incité à saboter la grande union nationale. Ces personnes ont été relâchées dès qu'elles eurent signé le procès-verbal, reconnaissant leur faute et demandant la clémence, Les autorités provinciales les ont laissées raconter aux protestataires leurs actes en violation à la loi et indiquer qu'elles ont été libérées. Les responsables de la province ont aussi expliqué aux protestataires la juste politique du Parti et de l'Etat sur le problème agraire, sur les efforts et les réalisations des comités du Parti et des administrations à tous les échelons et des organisations de masse dans le renforcement du bloc de grande union nationale et le développement socio-économique dans la province en particulier et dans les Hauts-Plateaux du Centre en général. Après avoir écouté les explications, ils se sont dispersés et sont retournés dans leur localité.

   Puis, du 3 au 6 janvier à la ville de Buon Ma Thuot et dans d'autres localités de la province de Dac Lac, se sont déroulées certaines protestations qui,bien que de petite envergure, ont porté atteinte à l'ordre et à la sécurité, provoqué des embouteillages et même empêché plusieurs enfants des ethnies minoritaires d'aller à l'école. Les plaignants , dont la plupart des membres des minorités ethniques, ont recu de mauvaises informations sur la situation à Pleiku et étaient incités et menés par des extrémistes.Quelques éléments extrêmistes ont commis des actes excessifs sabotant la sécurité civile et l'ordre social, résisté aux services de sécurité , incité à la désunion, détruit des bêtiments publics des hameaux, des communes et districts , causant ainsi des dégâts matériels et le désordre.

   Les comités du Parti à tous les échelons, les administrations et les organisations de masse de ces localités ont expliqué la situation, la politique du Parti et de l'Etat et amené les personnes rassemblées à rentrer dans leurs villages pour continuer la production dans le calme et ne se laisser pas entrainer par de mauvais éléments dans des actes sabotant la sécurité civile et l'union nationale. Après écouté des explications, la plupart des protestataires se sont dispersés. La situation à Dac Lac et Gia Lai revient à la normale.

   La majorité des habitants sont indignés devant ces actes extrêmistes et de perturbation de certains mauvais éléments troublant l'ordre social de la localité et semant la division parmi la population et exigé la punition des fomentateurs .

   Les comités du Parti à divers échelons, les administrations et les organisations de masse des provinces de Gai Lai et Dac Lac prennent à l'heure actuelle des mesures visant à assurer la sécurité, l'ordre et le discipline , à encourager les habitants au développement économique et socio-culturel pour élever leur niveau de vie, contribuer à la consolidation du bloc d'union nationale, à la mise en valeur les traditions révolutionnaires, des résidents des Hauts-Plateaux pour réaliser avec succès l'oeuvre de renouveau et rendre cette région de plus en plus prospère .-AVI

retour haut de page

jeudi 8 février 2001, 13h53

Le Vietnam déploie des troupes et interdit l'accès des Hauts-Plateaux

HANOI, 8 fév (AFP) - Plusieurs personnes ont été blessées et 20 arrestations ont été effectuées lors des manifestations des minorités ethniques dans les Hauts-plateaux du centre du Vietnam où les autorités ont déployé des forces de sécurité et donné des instructions interdisant l'accès de la région aux touristes étrangers et aux non-résidents.

Des "provocateurs ont détruit des bâtiments publics, y compris une école" mardi à Buon Me Thuot, capitale de la province de Dac Lac, et "20 d'entre eux ont été arrêtés le jour même", a précisé jeudi soir à la presse le porte-parole du ministère, Mme Phan Thuy Thanh.

Ces incidents ont fait plusieurs blessés, y compris parmi les forces de sécurité, et les personnes arrêtées étaient toujours détenues jeudi, a ajouté Mme Thanh.

Les personnes arrêtées "ont résisté aux autorités et aux services de sécurité" qui ont compté plusieurs blessés, selon le porte-parole qui a affirmé que "la situation est redevenue normale".

Mais selon des habitants de la région, les autorités vietnamiennes ont déployé des forces de sécurité et donné des instructions interdisant aux touristes étrangers et aux non-résidents l'accès aux Hauts-plateaux.

Les écoles, dans les régions de minorités ethniques au Vietnam, sont souvent considérées en raison de leur enseignement en vietnamien comme un symbole de "colonisation" par l'ethnie majoritaire ou d'assimilation forcée.

Des milliers de membres des ethnies minoritaires ont manifesté au cours des derniers jours dans les Hauts-plateaux pour réclamer la restitution de leurs terres ancestrales.

"De nombreux policiers anti-émeute ont été déployés ces derniers jours dans notre localité et des hélicoptères survolent la région", a indiqué à l'AFP un habitant de Pleiku, capitale de la province de Gia Lai.

"Des soldats des unités militaires locales ont été également dépêchés dans les points chauds de notre province mais la situation est revenue à la normale jeudi", a-t-il ajouté.

Des militaires ont également été envoyés jeudi dans le parc national de Yok Don, fermé depuis le début de la semaine et où des manifestations s'étaient poursuivies mercredi, a indiqué un autre habitant de la région.

Une hôtelière de Buon Mue Thuot, la capitale de la province de Dac Lac, a également précisé à l'AFP que son établissement "n'est plus autorisé à accueillir des étrangers jusqu'au 15 février". "La situation est calme en ville, mais des problèmes semblent persister" en dehors, a-t-elle précisé.

Un autre habitant de la province a précisé que cette interdiction concerne également les Vietnamiens ne résidant pas dans la région.

Les membres des minorités ethniques des Hauts-plateaux estiment que leurs terres ancestrales, fortement déboisées, ont été confisquées par les membres de l'ethnie vietnamienne majoritaire dans le pays (kinh, ou viet) qui y ont installé des plantations de café, dont le Vietnam est devenu le deuxième exportateur mondial en quelques années.

"Pour le moment nous ne pouvons pas organiser de visites dans les Hauts-plateaux, mais je ne peux pas vous donner la raison", a indiqué la responsable d'une agence de tourisme de Ho Chi Minh-Ville qui organise habituellement des séjours dans cette région. "Nous n'y sommes pas autorisés", a-t-elle ajouté.

Cette responsable a précisé que sa société a été avertie par les autorités que cette interdiction pourrait durer au moins un mois.

Le principal parc national des Hauts-plateaux, une des principales attractions touristiques du centre du Vietnam, avait été fermé en début de semaine pour une durée indéterminée, selon ses responsables.

Le parc abrite notamment des membres des groupes minoritaires Ede, Jarai, Khmer, Mnong, Lao, Srepok et Tai et des manifestations s'y étaient poursuivies mercredi, selon des habitants de la région.

De son côté, la Croix rouge vietnamienne a annoncé jeudi qu'elle a décidé d'accorder une aide de 100 millions de dongs (près de 7.000 dollars) aux familles des ethnies minoritaires des Hauts-plateaux.

La Croix rouge a précisé que cette somme est destinée à aider les familles des minoritées ethniques "ayant de nombreuses difficultés".

Région de forêts, les Hauts-plateaux, frontaliers du Laos et du Cambodge, ont beaucoup souffert des bombardements américains de la guerre du Vietnam, puis des déforestrations sauvages, qui ont fait reculer dramatiquement la forêt, terrain de chasse et de cueillette des minorités, par ailleurs traditionnellement rebelles au pouvoir central, quel qu'il soit.

retour haut de page

vendredi 9 février 2001, 11h06

La presse romp le silence sur les manifestations dans les Hauts-Plateaux

HANOI, 9 fév (AFP) - Les journaux officiels vietnamiens ont rompu le silence pour la première fois vendredi sur les manifestations de membres d'ethnies minoritaires survenues ces derniers jours dans les Hauts-plateaux du centre du Vietnam, où des renforts militaires ont continué à être acheminés.

"Certains troubles sociaux ont eu lieu à Pleiku et Buon Me Thuot", respectivement capitales de Gia Lai et Dac Lac, a écrit le quotidien du Parti communiste vietnamien Nhan Dan en publiant intégralement des informations fournies par l'Agence officielle vietnamienne d'Information (AVI).

Alors que peu d'informations filtraient de la situation dans les provinces des Hauts-Plateaux où les habitants refusaient de renseigner la presse, des diplomates en poste à Hanoï ont indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que de nombreux renforts militaires continuaient à être acheminés sur place.

Des milliers de membres des ethnies minoritaires ont manifesté au cours des derniers jours dans les Hauts-plateaux pour réclamer la restitution de leurs terres ancestrales.

Selon le Nhan Dan ces "troubles" ont débuté lorsque "de nombreux habitants locaux ont présenté des pétitions demandant aux autorités de régler les questions brûlantes des terres (...)".

"Ces troubles ont affecté l'ordre, la sécurité civile et la circulation" dans ces localités, a poursuivi le journal.

Les autres grands journaux du pays ont également publié les mêmes informations de l'AVI mais aucun d'entre eux n'ont mentionné les 20 arrestations et les blessés au cours des manifestations dont le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Phan Thuy Thanh, avait fait état jeudi devant la presse étrangère.

Selon l'AVI, citée par ces journaux, "certains extrémistes ont commis des actes provoquant l'insécurité sociale", ils se sont "opposés aux autorités", ont "provoqué la division de la solidarité nationale, saccagé des bâtiments publics (...) et causé des pertes matérielles".

La majorité de la population "est très indignée par les actes extrémistes de certains mauvais éléments" et a "réclamé la punition des furieux et des provocateurs", a précisé la presse officielle en ajoutant que "la situation est redevenue normale" dans la région des Hauts-Plateaux.

De son côté, le quotidien en anglais Vietnam News a publié en première page un article exaltant "l'amélioration remarquable de la vie des minorités ethniques" grâce à la "réussite du développement économique et social de la province de Dac Lac au cours des dix dernières années".

Le quotidien de l'armée Quan Doi Nhan Dan a fait état du recrutement par l'armée de plusieurs centaines de personnes dans les Hauts-Plateaux du centre, sans lier ce recrutement aux troubles dans la région.

Des habitants des deux provinces contactés par téléphone ont de leur côté refusé vendredi de donner des détails sur la situation sur place, dont l'accès reste interdit aux étrangers, se contentant de déclarer qu'il s'agit de "secrets d'Etat".

retour haut de page

nhân dân 9 feb 2001

Security returns to normal in Central Highlands

Security and social order has been restored in the Central Highlands provinces of Gia Lai and Dak Lak, report resident Vietnam News Agency (VNA) correspondents.

They say that the restoration of order in Pleiku and Buon Ma Thuot and some other places of the two provinces had been necessary after residents were given misleading information about the arrest of two minority people.

The correspondents say that a number of residents from different localities gathered outside the offices of the provincial Communist Party and People's Committees in Pleiku to demand the release of the arrested duo on January 29 and present petitions asking the administration at all levels to solve burning questions of land use.

The correspondents say provincial Party and People's Committees sent officials to explain to the local residents that the two had been arrested for violating the law and inciting division among the national-unity bloc. They were freed immediately after signing a document conceding their violations and asking for leniency.

The two then addressed local residents outside the offices of the Party and People's Committees and told the truth about their wrong doings and explained that they had been freed.

Provincial officials then explained Party and State policy governing the use of land and listed their achievements in consolidating the national unity bloc and boosting socio-economic development in not only the province but also the entire Central Highlands.

After hearing the explanation, the crowd dispersed and returned to their residences.

Incidents were also reportedly caused by petitioners in Buon Ma Thuot town and some other parts of Dak Lak province between February 3-6. Although small, they affected security and social order, caused traffic congestion and hindered children going to school.

Most of the petitioners were minority people misled about the situation in Pleiku and incited by extremists.

Several extremists took the opportunity to destabilise security and social order and attack those who were on duty. They damaged administration offices at hamlet, commune and district levels, causing property losses and destablising social order.

The local Party Committees, the administration and mass organisations met with the petitioners and persuaded them to return to their hamlets and engage in production and asked that they not allow the extremists to incite them to destabilise security and social order or undermine the national unity bloc.

The correspondents say most local people were discontented with the extremist action and the disorder created by ill-intentioned people to destabilise local social order and security and sow division among the people.

They also demanded punishments of the extremists and agitators.

At present, the Party Committees, the administration and mass organisations at all levels in Gia Lai and Dak Lak provinces are taking measures to ensure security and social order.

They are also acting to ensure that the law is enforced; encourage the local minority people to boost economic, cultural and social development, improve their lives and help consolidate the national unity bloc. All this is to enhance the revolutionary tradition of the Central Highlanders; ensure the renovation process is successful and make the Central Highlands more prosperous and beautiful. (VNA)

retour haut de page

dimanche 11 février 2001, 14h00
L'agitation sur les Hauts-Plateaux hypothèque un accord avec les Etats-Unis

HANOI, 11 fév (AFP) - La vague de manifestations sur les Hauts-Plateaux au moment où Washington va se pencher sur les violations de la liberté religieuse au Vietnam menace d'entraîner des objections fondées sur les droits de l'homme à la ratification par le parlement américain de l'accord commercial signé l'année dernière entre les deux pays.

Les deux semaines de manifestations des minorités ethniques du centre du Vietnam ont mis en relief l'interdiction maintenue par les autorités communistes vietnamiennes de plusieurs groupes religieux, y compris d'églises évangéliques qui comptent de nombreux fidèles au sein des ethnies minoritaires du pays.

La Commission américaine sur les libertés religieuses qui doit se réunir mardi à Washington pour étudier notamment le cas du Vietnam doit entendre de nombreux témoignages d'experts et de dissidents vietnamiens exilés.

Selon les analystes, les résultats des travaux de cette commission pourraient fournir des arguments aux opposants à l'accord commercial bilatéral signé en juillet dernier par Hanoï et Washington et qui devra être ratifié par le nouveau Congrès (parlement) issu des élections américaines.

"Toutes la publicité donnée au fait que les autorités communistes s'en prennent à des minorités protestantes et à leur églises risque d'avoir des répercussions dans l'opinion américaine", a estimé un diplomate occidental en poste à Hanoï.

"L'une des questions qui se posera est de savoir s'il n'est pas plus important de prendre des sanctions que de ratifier un accord commercial", a indiqué de son côté à l'AFP le professeur Carl Thayer, spécialiste du Vietnam de l'Institut des études stratégiques de Hawaï.

"Le fait que les membres des minorités ethniques soient des protestants rend les choses plus difficiles", a-t-il ajouté.

Les manifestations qui ont lieu au cours des deux dernières semaines dans la principale région productrice de café du Vietnam ont été motivées, outre les problèmes de confiscations de terres, par la saisie par les autorités de bâtiments servant de lieux de culte et par l'interruption de services religieux de congrégations évangéliques ou pentecôtistes, ont indiqué des résidents de la région.

Washington a fréquemment critiqué le traitement infligé par les autorités vietnamiennes aux minorités protestantes de la région.

"De nombreux protestants qui pratiquent leur culte dans des maisons tenant lieu d'églises dans les régions où vivent les minorités ethniques ont été détenus arbitrairement par des responsables locaux qui ont interrompu des offices religieux", notait un rapport du Département d'Etat (ministère des Affaires étrangères) américain publié l'année dernière.

Il existe cependant assez de soutien à l'accord commercial tant au sein du camp Démocrate que du camp Républicain au sein du Congrès pour éviter que l'accord commercial avec le Vietnam ne soit mis totalement en péril, "mais il ne serait pas surprenant d'assister à un effort concerté pour y imposer des conditions concernant les droits de l'homme", a conclu le professeur Thayer.

retour haut de page

dimanche 11 février 2001, 11h42
L'ampleur des manifestations des minorités illustre leur ressentiment

HANOI, 11 fév (AFP) - L'ampleur des manifestations dans les Hauts-Plateaux du centre du Vietnam démontre la persistance d'un sentiment anti-vietnamien parmi les minorités ethniques, dix ans après l'annonce par les autorités communistes de l'éradication d'une rebellion armée dans cette région.

Deux arrestations de membres des minorités à la fin du mois de janvier ont amorcé une vague de manifestations dans les provinces des Hauts-Plateaux du centre du Vietnam à laquelle les autorités ont encore du mal mettre fin deux semaines plus tard.

Les responsables gouvernementaux eux-mêmes reconnaissent que les manifestations ont été provoquées par des griefs des minorités concernant leurs terres ancestrales et la foi religieuse de ces ethnies, principalement protestantes, qui ont connu au cours des dernières années un afflux de "colons" de l'ethnie majoritaire Kinh ou Viet venus planter du café sur les terres des minorites, déboisées au préalable.

Mais les analystes notent que la tradition de rebellion armée contre les Vietnamiens des principales ethnies des Hauts-Plateaux du centre, a ajouté une dimension à la colère des habitants locaux contre la confiscation de leurs terres et la corruption des officiels.

Un groupe d'émigrés des minorités ethniques installé aux Etats-Unis a affirmé que les deux personnes arrêtées le 29 janvier et pour la libération desquelles les minorités ont entamé leurs manifestations, avaient été torturées dans un camp militaire.

Les autorités vietnamiennes, dans leur premier communiqué rendant compte des manifestations, s'étaient empressées de signaler que ces deux personnes avaient été libérées.

C'est la nouvelle de ces arrestations qui avait en quelques jours jeté des milliers de membres des ethnies Jarai Ede et Ba-Na sur les routes menant aux capitales des provinces de Gia Lai et de Dac Lac, les villes de Pleiku et Buon Me Thuot.

La libération des deux détenus n'a pas suffi à apaiser les manifestants qui ont rapidement avancé d'autres revendications concernant "la terre et l'unité nationale", selon les rapports officiels.

L'arrivée massive des colons Viet dans la région, a accompagné la transformation de la région en principal centre de production de café du Vietnam qui en est devenu le deuxième exportateur mondial.

Selon un recensement effectué en 1999, les Viet composent maintenant 51% de la population de la province de Gia Lai et si aucun chiffre n'a été publié pour la province voisine de Dac Lac, les officiels estiment que sa population est passée de un million d'habitants il y a dix ans à 1,8 million aujourd'hui, un accroissement qui ne peut s'expliquer que par une immigration massive de Vietnamiens des plaines.

Une dimension religieuse s'est également ajoutée aux demandes des minorités dont les églises protestantes restent hors-la-loi et sont visées par une campagne de répression depuis huit ans, ont précisé des résidents et des analystes.

Alors que les autorités ont déployé de nombreuses troupes et hélicoptères dans la région, les diplomates s'interrogent sur une éventuelle résurgence du Front uni pour la libération des races opprimées (FULRO), un mouvement de résitance qui avait combattu, du début des années 1950 à la fin des années 1980, d'abord contre la colonie française, puis contre le régime de Saïgon et enfin contre les communistes.

"L'envoi de troupes et d'hélicoptères semble inadapté à venir à bout de manifestations urbaines", a indiqué un diplomate à l'AFP.

En 1986, des observateurs avaient estimé que le FULRO comptait de 2.000 à 2. 500 guérilleros dans les forêts des Hauts-Plateaux.

Après avoir mobilisé 18.000 miliciens, un général vietnamien avait annoncé en 1990 que le problème était "résolu".

Mais des petits groupes pourraient avoir continué à agir dans les années 1990, selon des rapports de presse.

En août dernier, le journal officiel Lao Dong newspaper avait indiqué que 4 membres de l'etnie Viet, dont deux policiers, avaient été blessés lors d'une attaque menée par 150 membres de l'etnie Ede armés de fusils, de grenades et d'armes traditionnnelles contre un village de colons dans la province de Dak Lac.

"Il n'est pas à exclure qu'il subsiste encore deux ou trois unités des anciens FULRO dans les forêts, a estimé le professeur Carl Thayer, spécialiste des Affaires vietnamiennes du Centre des études stratégiques de Hawaï.

"Mais dans les Hauts-Plateaux, tout le monde appartenait plus ou moins au FULRO, il devait donc y avoir des membres du FULRO parmi les manifestants des derniers jours", a-t-il conclu.

retour haut de page