|
Contes et légendes d'Asie CONTES D'UNE GRAND-MERE VIETNAMIENNE Réunis et racontés par Yveline Féray, |
|
|
Philippe DUMONT Passions Viêt-Nam n°0 Ce sont des "nouvelles du vent" de là-bas, des histoires d'autrefois, plus vieilles que les plus vieilles pagodes, des légendes de beauté et de mort, dix Contes d'une grand-mère vietnamienne. On y trouve les soucis des rois : la hantise des Han, les Chinois. Il y a aussi les soucis des gens de peu : manger et être heureux. Il y a les amours des princes et les émois des simples. Les "joies de l'oreiller partagé" et les affres de l'enfant anormal. Les mythes fondateurs sont parfois compliqués. Pour que le roi An Duong fonde Cô Loa, la cité aux neuf enceintes enroulées en escargot, il faut une tortue d'or, un impitoyable général chinois et de jeunes amants imprudents. D'autes contes sont plus rigolos. Il faut découvrir comment Cuôi, le simplet, trouve un arbre merveilleux, et pourquoi il est propulsé sur la lune. Il faut entendre l'histoire de l'enfant Giong, conçu sans péché, qui grandit tel un Gargantua mâtiné de Don Quichotte pour anéantir les ennemis du royaume de Van Lang. Il faut rencontrer le pauvre Noix-de-Coco, "boule de chair ayant des yeux, un nez, une bouche et des oreilles et rien de plus", et deviner comment, sans pied ni main, il persuade une belle jeune fille de l'aimer et de l'épouser. Il faut écouter comment un oiseau magique récompense ceux qui soignent avec amour le seul bien qui leur échoit, un carambolier. Il faut apprendre comment une jeune veuve accablée de chaleur, qui se baigne dans la rivière de Hoa Lu, peut se trouver fécondée par une loutre coquine pour engendrer une dynastie royale. Il faut, bien sûr, se méfier de celles qui sont trop jolies et se prêtent au "jeu du nuage et de la pluie" quand elles ne sont qu'une âme errante. Il faut encore savoir pour quelle raison nécessaire chaque automne voit typhons et cyclones, crues et inondations, agresser les terres du Viêt Nam. Les grands-mères ne sont pas de la génération de leurs petits-enfants aurait dit Monsieur de La Palice. C'est pour ça peut-être que le ton nous paraît parfois un peu guindé, la parole trop écrite. Mais qui n'aurait rêvé d'une grand-mère vietnamienne ? Pas forcément une de celles dont parlent les livres, ricanant noir et crachant rouge, mais une grand-mère comme doivent en avoir tous les petits enfants, qui câline et qui fait peur à la fois. Yveline Féray est de celles là. |
|